lundi 28 avril 2014

Chamanisme et Voie du Milieu

Le chamanisme, pour nous, n'est pas une religion, une philosophie ou une pratique prédéterminée vers un éveil ou une guérison préconçue. Il est plutôt une façon, sans cesse renouvelée, d'apprendre directement par soi-même dans un face-à-face avant le Vivant. Le Vivant c'est tout ce qui est, et avant tout soi-même, les autres et la Nature.
Ne nous affiliant à aucune tradition en particulier, tout en les respectant, nous retrouvons une relation authentique et évolutive avec le courant impermanent de la Vie. Nous retrouvons le bon sens, émanant de la Nature, nous rappelant les fondements de l'équilibre, de l'unité et de la créativité propre au Vivant, quand il n'est pas encombré pas des excès de cultures, de blessures et d'habitudes.

Une voie de vigilance et d'ouverture, nous enseignant à ne plus se faire « prendre » et à moins se fixer sur les différentes énergies qui nous sollicitent à tous les niveaux, quotidiennement. Renaître chaque jour à la possibilité d'un bonheur toujours vivant et insaisissable, retrouver une créativité naturelle, joyeuse et harmonisante. Tout cela nous rapprochant de notre « âme » et nous permettant de l'exprimer davantage, afin de créer du neuf. Nous avons choisi d'appeler notre essence consciente « âme », sans pour autant lui coller les anciennes connotations ou ambiguïtés culturelles. L'âme n'est pas vraiment définissable à nos yeux, elle reste à la fois la source et l'océan, le point d'équilibre et de rencontre de toutes les énergies à la fois personnelles, collectives et impersonnelles. Chacun peut simplement sentir en son for intérieur de quoi il s'agit, et l'appeler comme il veut.

Tout comme la Nature, la Voie du Milieu nous invite à rencontrer et à « réinstaller » un art de vivre alliant équilibre, régénérescence et créativité. Cette approche ne peut pas vraiment se définir, car elle échappe à toute fixation philosophique ou spirituelle. On ne pourrait donc en faire une école ou une organisation complètement structurée et stable. La Voie du milieu nous invite à risquer l'insécurité d'une conscience libérée des repères culturels et familiaux. Sans aller non plus totalement dans le non-structuré, nous pouvons librement échanger et exprimer nos vues et sentiments à propos de cette approche. Proposer, sans jamais enfermer, plusieurs points de vue et moyens efficaces, afin de nous permettre de déconstruire nos habitudes névrotiques, peut se révéler libérateur.

Dans la lignée des esprits libres et insoumis de notre humanité, nous avançons indéfiniment, dans cet éveil incessant au nouveau et au renouveau du Vivant. Nous n'adorons ni ne prions pas un « dieu mort », mais ressentons en nous et en toute chose la présence du « dieu vivant », vibrant et éternellement insaisissable. Notre unité avec ce Vivant ne s'atteint point dans un état définitif, mais se vit et se revit toujours, dans de multiples dimensions et dans des façons changeantes, singulières et éphémères. Nous rencontrons la Vie comme un chant ininterrompu, où les répétitions cycliques  et orchestrales, se mêlent aux improvisations individuelles. Nos mémoires servant de base et de tremplin à nos créations inédites, à nos transformations inventives ou nécessaires.

Rencontrer les esprits de la nature, c'est à la fois rencontrer d'autres âmes et d'autres formes de notre propre âme. Nous respectons ainsi l'unicité tout autant que la diversité du Vivant, nous évitons de chuter dans les extrêmes de l'un ou du multiple, considérant qu'il s'agit davantage de l'un et du multiple, sans placer l'un à la place de l'autre ou l'un au-dessus de l'autre. Nous nous rapprochons d'avantage d'un espace non-conceptuel, dans le présent, ne faisant plus le choix de l'un ou de l'autre, afin de les laisser aussi non-séparés, voire indistincts. Ressentant l'équilibre et le bonheur comme « l'unité » du corps et de l'esprit, tout en respectant les besoins et les particularités de chacun, nous visons à l'endroit où il ne sont plus séparés, voire antagonistes.

Les différents règnes de la Nature sont autant d'amis et d'enseignants potentiels, au même titre que nos frères et sœurs humains. Ils n'ont probablement pas autant de libertés que nous dans le plan physique, mais en revanche, ont pu conserver leur état d'harmonie avec le Grand Tout, et gardent pour nous la Connaissance de la sagesse existentielle physique. Ils nous montrent ce que c'est que d'être incarné, heureux et évolutif. Leur générosité et leur patience sont bien vastes, sans parler des arbres qui sont de grands maîtres dans l'art de l'équilibre entre ciel et terre. Ils ont également l'avantage de ne supporter (dans les deux sens du terme) aucun égrégore culturel humain. La Nature est donc une partie de nous, essentielle à nos yeux, qui nous rappelle aussi à la sagesse et à l'importance du corps...

Nous cultivons nos intentions dans la direction d'une harmonie vivante et évolutive. Nous faisons le choix de réorienter les parties de nous qui ont été déviées (pour différentes raisons) de la voie de l'équilibre et de l'harmonie avec l'Univers.

En suivant les enseignements de l'Âme et de la Nature, nous veillons à donner une place aux différentes dimensions principales qui nous composent : l'esprit, le cœur, le corps et l'âme.

Nous veillons à ne pas verser dans le matérialisme, ni dans le « spiritualisme », afin de rester libres, n'adhérant à aucun groupe politique, religieux ou spirituel. Nous avons peut-être des sympathies avec certains d'entre eux, mais nous ne nous identifions à aucun.

Nous veillons également à laisser (voire à aider) l'énergie du Vivant circuler en nous, et en tant que nous. A chaque fois que nous retrouvons la libre circulation de l'énergie dans toutes les directions, nous retrouvons la félicité et la créativité naturelle de l'Être.

Nous observons notre pensée, afin de ne pas être possédés par les histoires qui y circulent. Nous choisissons délibérément d'orienter notre pensée dans ce qui nous semble bon et juste, ayant conscience que ce ne sont que des choix passagers et non absolus. Nous cultivons une intention de libération et de joie, tout en lâchant prise et en accueillant au maximum ce qui est, tel que c'est. Nous ne versons ni dans le déterminisme, ni dans le libéralisme (libre-arbitre absolu). Nous choisissons donc de faire évoluer et de créer ce qui est de notre ressort et de laisser être ce qui ne l'est pas, sachant que notre pouvoir créateur grandit proportionnellement à l'évolution de notre conscience.

Nous reconnaissons que nous sommes au fond de nous des êtres divins, et que nous nous éveillons progressivement à ce fait, en prenant la mesure (autant que faire se peut) de ce que cela implique dans nos vies. Nous avons compris que notre potentiel est infini et que le recouvrement de notre « étincelle » divine ne se fait pas au travers d'un chemin particulier, mais seulement dans l'instant. En même temps, nous avons reconnu que l'incarnation progressive de nos potentiels latents ne se fait qu'au travers d'un processus temporel. Tout comme nous avons constaté que nos mémoires, et autres anciennes créations et intentions peuvent prendre du temps à se dissoudre ou à se transformer. (Nous reconnaissons donc la non-dualité du temps et de l'atemporalité).

Nous ne prétendons à aucun éveil en particulier, ni ne croyons être dans la Vérité absolue. Ce qui est là n'est que notre vérité aujourd'hui. Les affinités d'âmes font et feront que certaines personnes se rapprochent et travaillent avec nous, pour un temps indéterminé. Chacun est libre de venir « jouer » avec nous, mais s'engage à respecter alors nos règles du jeu. S'il ne les respecte pas ou ne souhaite plus les respecter alors il est libre de partir comme il est venu. Nous recevons avec respect les remises en questions qui nous arrivent, tout en respectant notre propre liberté de pensée et d'agir, ainsi que celles des autres.

mardi 25 février 2014

Un peu de lecture

Pour ceux que la notion d'éveil taraude encore, plusieurs textes écrits (vite faits) dans l'année, dans le nouveau dossier : "fin de l'éveil préconçu". Merci

lundi 24 février 2014

Respect



Tu es unique, différent de tous les autres. Sans réserve ni hésitation, je te permets d'être dans ce monde comme tu es, sans une pensée ou une parole de jugement ... Je ne vois aucune erreur dans les choses que tu dis ou fais, sens et crois, car je comprends que tu t'honores toi-même en étant et en faisant ce que tu crois être bon pour toi.
Je ne peux pas traverser la vie avec tes yeux ni la voir à travers ton cœur. Je n'ai pas été là où tu as été ni expérimenté ce que tu as expérimenté, voyant la vie de ton point de vue unique. Je t’apprécie tel que tu es, étant ta propre et unique étincelle de la Conscience Infinie, cherchant à trouver ta propre façon individuelle à créer une relation avec le monde. Sans aucune réserve ou aucun doute, je te laisse faire chaque choix afin que tu puisses apprendre de la façon qui te paraît appropriée. Il est vital que tu sois unique, tel que tu es, et non pas la personne que je pense ou que d'autres pensent que tu « devrais » être.

Dans la mesure de mes capacités, sans me dénigrer ou créer un engagement, je te soutiendrai en cela. Je ne peux pas savoir ce qui est mieux pour toi, ce qui est vrai ou ce dont tu as besoin, car je ne sais pas ce que tu as choisi d'apprendre, comment tu as choisi de l'apprendre, avec qui ou en quelle période de temps.
Seul tu peux sentir ton excitation interne et écouter ta voix intérieure - je n'ai que ma propre voix.

Je reconnais que, bien que différents les uns des autres, toutes les manières de percevoir et de vivre les différentes facettes de notre monde... sont toutes valables.
Sans réserve ni hésitation j'admets les choix que tu fais à chaque instant. Je n'émets aucun jugement à ce sujet car il est essentiel d'honorer ton droit à ton évolution individuelle, car ceci donne le pouvoir à ce droit même pour moi et pour tous les autres.

A ceux qui voudraient choisir un chemin sur lequel je ne peux pas marcher... et même si je choisissais de ne pas dépenser ma puissance et mon énergie sur leur chemin, jamais je ne te refuserais le don d'Amour que Dieu m'a donné pour toute la Création. Comme je t'aime, ainsi je serai aimé. Comme je sème, je récolterai.

Sans réserve ni hésitation, je te laisse le droit universel de libre arbitre pour marcher sur ton propre chemin, en créant des étapes, ou bien, en te tenant tranquille quand tu sens que cela est approprié pour toi.

Je ne peux pas toujours voir l'image élargi de l'Ordre Divin, il n'y aura donc pas question de juger si tes pas sont grands ou petits, légers ou lourds, ou s'ils conduisent vers le haut ou vers le bas, parce que cela ne serait que mon point de vue.
Même si je te vois ne rien faire et je juge que cela est indigne, je reconnais que tu pourrais être le seul à porter une grande guérison en restant calme, béni par la Lumière de Dieu.
Parce que c'est le droit inaliénable de toute vie, de choisir sa propre évolution, et sans réserve ou doute, je reconnais ton droit à déterminer ton propre avenir.
Avec humilité, je m'incline devant le constat que le chemin que je pense être le meilleur pour moi, n'est pas forcément le meilleur pour toi. Ce que je pense n'est pas nécessairement vrai pour toi.
Je sais que tu es guidé comme je le suis, suivant ton enthousiasme interne afin de connaître ton propre chemin.

Je sais que les diverses races, les religions, les coutumes, les nationalités et croyances dans notre monde nous apportent une grande richesse et nous procurent les avantages et les enseignements d'une telle diversité.

Je sais que chacun de nous apprend à sa façon unique afin de retourner cet amour et sagesse au Tout. Je comprends que s’il n'y avait qu'une seule façon de faire quelque chose, on n'aurait qu'une seule personne.

J'apprécierai ta lumière intérieure unique, que tu te comportes ou non de la façon que je crois que tu devrais, même si tu crois en des choses auxquelles je ne crois pas.
Je comprends que tu es vraiment mon frère et ma sœur, même si tu es né dans un lieu différent ou si tu as des idéaux différents.

L'amour que je ressens est absolument pour tout ce qui Est. Je sais que toute chose vivante fait partie d'une conscience et je ressens un amour profond pour le Tout... et pour chaque personne, animal, arbre, pierre et fleur, chaque oiseau, rivière et océan et pour tout ce qui est dans le monde.

Je vis ma vie au service de l'Amour, en étant le meilleur que possible pour moi, me rendant plus sage dans la perfection de la Vérité Divine, me rendant plus heureux, plus sain, et de plus en plus abondant et joyeux.
Bien qu'au long du chemin tu puisses me plaire, tu pourrais m'être indifférent, ou me contrarier mais je ne cesserai pas de t'aimer, d'honorer ta singularité et de te permettre d'être Toi.

Ceci est la clé de la paix et l'harmonie dans nos vies et notre Terre parce qu'elle est la pierre centrale de l'Amour Inconditionnel.

 Les Indiens Hopi

lundi 10 février 2014

Version



Une version des vœux du Boddhisattva
(début du texte)

Quand nous comprenons qu'il n'y a pas d'accomplissement final,
Pas de réponse ultime ou de lieu où l'on puisse s'arrêter (stopping place),
Quand notre esprit est libre des émotions guerrières et de l'illusion de la séparation,
Alors nous n'aurons plus peur.
Où que l'on en soit sur le chemin du Boddhisattva,
Que l'on soit simple débutant ou que cela fasse plusieurs années que nous cheminons,
Nous avançons toujours un peu plus dans l'absence de fondations (dans le sens de repères solides : groundlessness)
L'illumination n'est pas la fin de quoi que ce soit.
L'illumination, être complètement éveillé,
Est simplement le début de l'entrée (complète) dans l'Inconnu.
(...)

Dalaî-lama dans A flash of light in the dark of night: a guide to the boddhisattva's way of life 
(Boston : Shamballa publications, 1994)

mercredi 23 octobre 2013

Les trois premiers stades...

On peut imaginer l'épanouissement de l'être comme l'évolution naturelle d'un arbre (de vie).
On peut aussi imaginer qu'il y a des stades de croissances qui se succèdent. On peut s'en donner une représentation à des fins utiles et pédagogiques, tout en sachant que la représentation que nous nous en faisons n'est pas la réalité exacte de ce qui se passe ("la carte n'est pas le territoire").
Concernant l'évolution dite "spirituelle" de l'être humain, nous avons identifié plusieurs passages qui sont comme des étapes ou des degrés d'initiation. Cet épanouissement n'est en réalité pas uniquement spirituel, mais plutôt holistique, c'est-à-dire qu'il inclut une ouverture au Vivant non seulement sur le plan spirituel, mais également sur les plans de la pensée, de l'émotion et du corps (pour ne citer que ceux-là pour l'instant). A savoir que, comme dans un système où chaque partie est en relation avec les autres, les avancées ou éveils de certaines parties, influenceront et modifieront les autres parties ou couches qui nous composent. Simple bon sens.

On peut commencer justement par l'éveil spirituel qui correspond à la réalisation de la nature de l'esprit.
A savoir qu'à ce niveau-là nous sommes pure conscience, et que cette pure conscience ou pur esprit est indépendante de tous les phénomènes existants, des plus subtils aux plus grossiers. Dans cette reconnaissance, à ce niveau-là, la nature de la réalité essentielle est espace, silence, inaction, absence et impersonnalité totale, l'absolu (ou Shiva pour les hindous). On retrouve cela dans différents enseignements non-duels et spirituels, qui prêchent la transcendance comme étant le summum bonum de la réalisation de l'être. En effet, il y a là une sacrée réalisation, très importante et juste essentielle pour la suite du chemin, si tant est que l'on ne tombe pas dans l'écueil de se croire arrivé sous prétexte qu'il n'y a plus "personne" au fond de nous-mêmes. Néanmoins, il sera quand même intéressant de se faire prendre dans cette fixation, histoire de comprendre des choses que l'on n'aurait peut-être pas encore comprises.
Cette réalisation (encore une fois importante et nécessaire) correspond à l'enseignement et au but que l'on retrouve dans le bouddhisme sous le terme de "petit véhicule", ou "premier tour de roue de l'enseignement du bouddha" ou encore, "voie des sutras". On y développe notamment la méditation (de dissociation) et l'étude des soutras (ou des livres d'une certaine spiritualité pour nos contemporains). Bref, à ce stade nous réalisons que nous sommes au-delà de toute manifestation (transcendance) et notre essence est silence, paix, neutralité... et l'on rencontre certains des aspects impersonnels de notre nature. On retrouve et l'on ressent une joie sans objet, un bonheur sans cause et un amour léger et naturel envers tout ce qui est. On est détaché et l'on perçoit le monde comme un rêve ou une illusion, qui n'a plus trop d'importance. Il n'y a plus rien à sauver, à guérir ou à prendre au sérieux, vu qu'en réalité "il n'y a personne". Tout nous semble parfait. On est dans la réalisation d'un "éveil pour soi", le reste nous passant loin à côté ou en-dessous de nous. On sort du "rêve de l'individu" ou de l'identification à notre forme humaine avec son cortège de pensées-émotions-sensations. Nous ne sommes plus "pris" par le film du réel, devenu illusoire.
C'est déjà en soi quelque chose de super, et, grand bien nous ferait qu'un peu plus de monde arrive déjà à réaliser cet aspect du Vivant, car il ne s'agit rien de moins que la réalisation de la "sagesse".

Une autre étape peut arriver ensuite, si nous y sommes poussés par la vie, ou si cela nous intéresse, ou par hasard, ou que sais-je. Il s'agit de l'éveil du cœur. A ce stade nous réalisons une nouvelle couche très importante aussi de ce que nous sommes ! Si dans l'éveil spirituel nous réalisons que nous sommes la conscience et que tout est conscience, à ce stade nous réalisons que "Dieu est Amour". Ça veut dire que nous touchons intérieurement le sentiment impersonnel et énergétique de cette conscience qui est au-delà de tout. Nous rentrons de nouveau un peu plus dans les phénomènes, pour réaliser la présence de cette conscience dans les phénomènes, sous la forme d'une énergie universelle vibrante (Shakti pour les hindous). C'est la réalisation de l'immanence. On commence à rencontrer ce qu'on appelle la compassion, à savoir que l'on prend conscience que tout ce qui nous entoure est aussi nous-mêmes... On prend conscience que la conscience, en plus d'être au-delà de tout, est aussi au-dedans de tout ! Alors on revient un peu de notre détachement et de notre hauteur pour partager un peu plus de Vivant avec le monde et les autres.
Dans le bouddhisme c'est "le grand véhicule" ou "deuxième tour de roue", et l'idéal n'est plus la sagesse du détachement, du bouddha méditant, mais le bodhisattva, celui qui porte l'esprit de l'éveil en lui (boddhicitta) et qui le partage autour de lui, car il a compris qu'étant "Un" avec tout ce qui l'entoure, s'il veut grandir encore dans l'éveil, alors il faudra que ce qui l'entoure s'éveille également. D'où le vœu de pratiquer l'éveil pour soi et  les autres. On arrive dans le domaine de l'immanence, ou tout est reconnu comme étant habité par la nature de Bouddha ou de la nature essentielle de l'être. On passe du détachement à plus d'attachement, pour essayer de se placer entre les deux. On trouve ici également la pratique de la voie du milieu, ou voie du cœur, qui voit la nature essentielle de l'être, non plus comme du vide, mais comme une énergie unique, à la fois inconditionnée et conditionnée, avec et sans forme, absolue et relative.
Un des écueils ici sera de tomber dans le travail acharné de sauvetage de l'autre et de l'humanité sous prétexte d'amour et de souffrance. Et c'est là que l'éveil spirituel nous aidera à ne pas trop nous identifier aux formes... Néanmoins, c'est avec l'éveil du cœur que l'on pourra équilibrer le détachement excessif possible dans l'éveil spirituel. Ici, Dieu est relation et partage, danse et mouvement entre terre et ciel, vide et plein.

Nous pouvons reconnaitre que dans ces deux voies on retrouve la plupart des "religions" et voies connues du grand public, même si la voie du cœur est plus facile d'accès, à priori, et que la première a tendance à se placer un peu au-dessus du panier.

Ensuite vient (vous l'avez deviné) l'éveil du corps. Alors là c'était encore un peu moins "tendance" il y a quelques années, mais ça commence à se rencontrer de plus en plus. Il s'agit de la réalisation que la conscience est matière. Merci à la physique quantique au passage, qui par son exploration rationnelle nous ramène à une révélation mystique des plus profondes. C'est vrai que ça commence à être un peu de la science-fiction ou difficile à réaliser avec ses seuls sens (mais possible quand même).
On peut résumer ça comme ça : à l'éveil spirituel on réalise que la nature de l'être est pure conscience ; à l'éveil du cœur on réalise qu'elle est pure énergie, à l'éveil du corps on réalise qu'elle est matière visible. C'est vrai que la "matière" est une forme condensée d'énergie, mais en général elle ne passait pas pour autant pour quelque chose de spirituel ou de divin. Et bien cette "matière" est tout autant l'être essentiel, que le vide et que l'énergie universelle ! Là on n'est plus trop dans le spirituel... et en général, les "spirituels" ne vont pas jusque là (puisque dans leur paradigme n'est de suprême et de valable que le spirituel). En général il faut être mystique ou chamane de longue haleine pour en arriver là (Krishna ou l'Avatar pour les hindous). Le Bouddha nous le disait déjà dans son soutra du cœur "La forme est vacuité, et la vacuité c'est la forme".

Petite parenthèse sur la "vacuité", souvent mal interprétée. La vacuité n'a rien à voir avec le vide, cela signifie plutôt "ce qui ne peut être décrit ou représenté". Quand on s'éveille spirituellement on a l'expérience de la vacuité comme étant "vide" ou "rien"... ce qui est quand même une définition et qui va orienter le chercheur à trouver ce "vide-rien". Ce qui est très bien d'ailleurs, mais il ne faudra peut-être pas en rester là. Quand on arrive à l'éveil du cœur, la vacuité n'est plus si vide que ça... il y a aussi ces émanations impersonnelles de l'amour, de la joie, de la lumière qui remplissent le corps et l'espace ! Et là on se fait une idée de la vacuité comme étant conscience-énergie. Ok. Avec l'éveil du corps on réalise que c'est loin d'être fini et on rencontre un autre aspect de la vacuité qui est la forme ou la matière ! Donc on se rend compte que la vacuité est vraiment "ce que l'on ne peut définir" plutôt que ceci ou cela. La vacuité est donc conscience-énergie-matière et rien de tout cela, ni autre chose, tout en l'étant ! Wow.

Pour revenir sur l'éveil du corps, on y trouve beaucoup de pratiques tantriques et ésotériques qui visent à réaliser justement la nature divine du corps physique et de commencer à réaliser un "corps de lumière".
Les chamanes et autres voyageurs inter-dimensionnels ont beaucoup à nous apprendre là-dessus. Mais encore une fois, si on s'aventure dans cet éveil-là sans les deux autres, il y a des écueils qui nous attendent, notamment en terme de pouvoir, dans tous les sens du terme.
Dans le bouddhisme, il s'agit du "véhicule de diamant" ou "troisième tour de roue", qui se veut le plus abouti et le plus "rapide", mais il faudrait alors un "maître" avisé, pour nous guider. On y trouve des pratiques tantriques (rien à voir avec juste le sexe) avancées de transformations des énergies internes, ainsi que des pratiques avancées de méditations. On voit déjà que la méditation seule ne suffit plus à ce stade-là, mais qu'il faut aller en profondeur avec des outils puissants. Ce "véhicule" inclut les deux précédents et va plus loin. Loin de considérer le nirvana (aboutissement) comme la dissolution dans la pure conscience sans-forme, on réalise l'unité du nirvana et du samsara par la modification ou l'évolution de notre perception du réel. Progressivement, on se retrouve dans un monde de lumière, sans avoir à quitter ce monde de "matière". A ce stade-là, il n'y pas que votre esprit sans-forme qui soit immortel.
Toutefois, je ne conseille pas de rentrer dans ce genre d'aventure sans avoir préalablement guéri votre esprit et votre cœur, car ce ne serait qu'une fuite du réel et des choses que l'on n'aurait pas encore réglées. Ce n'est pas la peine de rêver à une hypothétique immortalité, alors qu'on n'arrive pas à s'aimer soi-même et ce monde-ci ou simplement nos voisins, ou ceux qui n'ont pas la même vision du monde que nous.
Selon moi il faut d'abord commencer à être heureux dans cette vie, et le reste, pour la plupart d'entre nous, est accessoire.

Ce qui est drôle dans ce chemin, c'est que l'on avait commencé par la négation des phénomènes pour rencontrer la conscience transcendante, et que finalement on se retrouve avec les phénomènes et la matière comme étant l'égal de la conscience. On a arrêté de séparer l'esprit et le corps dans notre conception et dans notre expérience. "Tout est Dieu" nous dirait un mystique chrétien, et pour moi il aurait raison.
Cet éveil du corps, ou en fait cette triple réalisation de la nature de l'être comme étant tout autant esprit, que cœur et que corps, nous amène à la "trinité" ou la "tri-unité". C'est-à-dire la réalisation de l'unité au niveau de la conscience, de l'énergie et de la matière, et la réalisation de l'unité de l'esprit, du cœur et du corps. Rejetez un élément et il vous manquera une pièce du puzzle.

Si vous pensez que votre voie est la meilleure parce qu'elle vous permet de réaliser une des couches, et que vous êtes dérangés si on vous dit qu'une autre voie est tout aussi bien que la vôtre (égale), alors cela veut dire que vous n'avez pas encore réalisé la non-dualité. Vous n'avez pas encore réalisé que tout est Dieu, et que la conscience est partout de façon égale, que vous ne faites que baigner dedans en permanence et que vous l'êtes déjà à 100%. Et si vous croyez être arrivé au bout du chemin par l'intermédiaire d'un éveil, ou d'une expérience (même celle de la "perte" de votre ego), c'est que vous n'avez pas encore réalisé la nature infinie de l'expérience de l'être Vivant.

Tout cela n'est qu'un début bien sûr, et d'autres réalisations s'ouvrent déjà au cours de ces trois-là et après! De plus, nous pouvons nous ouvrir à ces différentes couches dans un autre ordre que celui-là, chacun vit et vivra son épanouissement à sa façon, son rythme et selon ses propres croyances et expériences. Super.

mercredi 9 octobre 2013

Infinitude

Quand la conscience s'éveille, on rencontre l'infinité du vide et du silence, quelle paix !
Quand le cœur s'éveille, on rencontre l'infinité de l'énergie de la Vie, quel amour !
Quand le corps s'éveille, on rencontre l'infinité de la matière, de l'Univers, quel miracle !
Quand les trois s'unissent, il n'y a plus de distinction entre l'esprit, l'amour et le corps, alors vous recouvrez votre liberté d'être, de penser et de créer.
La joie et le mystère des révélations infinies de l'être nous traversent et nous transportent au-delà de toutes nos croyances et conceptions spirituelles, et nous invitent à la danse passionnante de la co-création avec la Source. Vous êtes Un avec l'Univers; l'Être, le Divin, le Vivant.
L'éveil se découvre d'instant en instant et ne connaît ni début ni fin.
L'aventure de la Vie et de son expansion infinie est ce que nous sommes.
Nous sommes la vie en expansion infinie.
Les seules limites étant celles de votre imagination.
Une multitude de possibilités et de probabilités nous sont offertes, et nous pourrons nous laisser porter ou nous pourrons essayer d'orienter consciemment le flux, ou encore trouver un équilibre entre les deux.
Quoi qu'il en soit, nous rencontrerons un monde qui reflètera nos positons conceptuelles. Et le réel sera ce que nous en pensons. Et si nous n'en pensons rien, alors il ne sera rien. Il sera néanmoins important de ne pas placer notre vision comme étant la seule ou l'ultime. Et d'ailleurs elle ne l'est que si vous y croyez. Du point de vue de la conscience, ce sera juste une création ou un point de vue comme un autre, ni plus, ni moins, sans jugement aucun.
Alors je nous encourage à concevoir des visions magnifiques et vastes de la réalité, ce qui nous permettra d'avoir les expériences, les rencontres et l'évolution en conséquence.
Avis aux Artistes du Vivant.